vertiges"En écrivant ce livre, je pensais me sauver du désastre qu'à été notre enfance -nous étions des enfants sans valeur aux yeux de nos parents qui ne nous avait pas voulus- sauver ce qui pouvait l'être pour faire de ce bric-à-brac une oeuvre, et j'aurai été cette oeuvre, n'est ce pas, mais apparemment tout le contraire est en train de se passer- en me ramenant au dépit qu'éprouvait notre mère lorsqu'elle se découvrait enceinte, la haine des miens, me pousser à me demander si je vais garder ce livre ou le mettre à la poubelle"

Lionel Duroy dans ce livre comme dans ceux qu'il a déjà écrit n'en finit pas de tourner "autour du même désastre".

Dans "VERTIGES" il va nous "expliquer la lente destruction avec Esther". La seconde épouse après Cécile avec laquelle il a vécu vingt ans et dont il a deux enfants. Il rapporte minutieusement chaque instant vécu, chaque émotion ressentie, ses larmes, ses angoisses, ses comportements pathologiques..., qu'il rapportent au regard des traumatismes de l'enfance. Sans cesse il enferme le lecteur dans cette spirale infernale, en  rappelant des faits déjà cités ou bien connus de ses lecteurs. J'ai eu parfois le sentiment d'être un thérapeute qui écoute un patient qui tourne et retourne ses traumatismes sans jamais pouvoir en ressortir. Et comme je ne suis pas une soignante j'ai eu des moments de saturation. Même si jamais je ne me suis lassée de la belle écriture de l'auteur sur laquelle il est facile de se laisser porter, j'ai eu des moments d'agacements; 

Lionel Duroy nous parle aussi du fastidieux travail de l'écrivain, rivé à son bureau dans l'incertitude du résultat. Il va trouver des compensations dans le travail de "nègre" qui suscite l'admiration et la reconnaissance financière et lui permet de poursuivre son oeuvre.

L.DUROY "souffre, et il veut comprendre pourquoi il souffre, si bien que livre en livre il tente de remonter à l'origine des choses, son enfance, sa mère, ses fréres et soeurs, ses ruptures....Il n'a jamais fini, il fouille [..]. En même temps, je crois qu'écrire le maintient dans la vraie vie"  dit Esther  en parlant d'Augustin le double de l'auteur dans le livre.

Un livre attachant qui nourrit une curiosité pour la vie intime et sentimentale.

Pour aller plus loin, voici ce que qu'écrit l'éditeur JUILLIARD: 

Comme il l'avait si bien réussi dans Le Chagrin, Lionel Duroy nous entraîne de nouveau dans les méandres des sentiments humains les plus secrets et s'interroge cette fois sur l'incapacité de son héros à réussir sa vie sentimentale. Qu'est-ce qu'aimer ? Telle est la question.


Au seuil d'une séparation qu'il sait de plus en plus inévitable, Augustin observe la femme qu'il aime et avec laquelle il pensait avoir définitivement reconstruit sa vie. Meurtri, déchiré, il est néanmoins tendu par ce désir plus fort que lui de comprendre, et ne peut détacher son esprit des images qu'il convoque pour tenter d'analyser les raisons d'une telle délitescence. Au visage d'Esther se substitue bientôt celui de Cécile, la première femme avec laquelle il a vécu, premier amour fracassé lui aussi, au terme de longues années de vie commune. Tandis qu'il s'interroge sur la répétition de ces échecs amoureux, les souvenirs d'enfance remontent à la surface, toujours obsédants. Rejeté par sa mère dès son plus jeune âge, il se demande de quelle façon répondre à l'attente et au désir des femmes qu'il rencontre ; comment parvenir à fonder une famille quand la sienne, enfant, n'a cessé de se disloquer ; comment surmonter le vertige que provoque chez lui l'évocation du sentiment amoureux. Car le sujet est vaste et chaque question en appelle une autre, en forme de méditation profonde et douloureuse.
Comment un être croisé par hasard peut-il provoquer chez soi une telle sidération ? Par quel miracle une attirance aussi violente s'avère-t-elle réciproque ? Comment ne pas être ébloui par le plaisir que se donnent deux corps qui s'offrent et qui s'accordent ? Comment réussir à maintenir pendant de longues années cette effervescence magnifique face aux contingences du quotidien ? Que sait-on de cet être dont on croit partager le plus secret de son existence ? Comment affronter ce gouffre qui s'ouvre sous vos pieds quand la confiance mutuelle paraît se fissurer ? À toutes ces questions dévastatrices, Lionel Duroy oppose son implacable obsession de trouver les mots pour le dire. Écrire pour survivre. Écrire pour vivre. « Tout ce qui ne tue pas rend plus fort », disait Nietzsche, Lionel Duroy préfère penser que tout ce qui ne tue pas permet de vivre plus intensément.
Depuis des années, livre après livre, Lionel Duroy tente de démêler l'imbroglio d'informations, de sensations, d'émotions qui tissent l'histoire d'une vie. Comme il l'avait si bien réussi dans Le Chagrin, et avec ce style parfaitement maîtrisé qui est le sien, il nous entraîne cette fois, dans une veine purement romanesque, à travers les méandres de nos sentiments les plus secrets et s'interroge sur les difficultés de son personnage à réussir sa vie sentimentale.

JUILLIARD