imagesCAQ1BERUDans cet essai Bernard GUETTA nous livre ses convictions d'observateur de la vie vie politique, avec toutes ses tripes. Mais aussi il nous parle un peu de son enfance, et tout particulièrement de sa mère, juive qui a dû porter l'étoile jaune pendant la guerre de 1939-1945. De son père je ne me souviens pas qu'il l'ait évoqué...:[ma mère] "elle m'a légué l'inébranlable conviction que les loups ne sont qu'une meute à surveiller jour et nuit, à ne pas laisser grossir et entrer dans la ville, un danger permanent mais parable à condition de toujours rester en alerte et de ne jamais oublier que la générosité, l'humanité, la solidarité existent aussi chez l'homme, chez les hommes de bien dont il ne faut pas, jamais, laisser des conflits secondaires romprent l'indispensable unité"

Il s'interroge sur le rôle du journaliste:"un journaliste ne peut pas grand chose mais lorsque ses papiers sont traduits et repris en boucle sur toutes les radios occidentales que l'autre Europe, brouillage ou pas , pouvait écouter dans toutes les langues, il devient forcément un acteur de l'histoire dont il n'est que supposé rendre compte"

 B. GUETTA rappelle le circuit des courants de pensée et l'enracinement européen: "C'est à Zurich que Lénine attendait son heure.""C'est d'Allemagne que le marxisme était arrivé en Russie"."C'est de France, d'Allemagne et de Grande-Bretagne, des grandes  puissances européennes et leur révolution industrielle, que le mouvement ouvrier avait essaimé jusqu'à Saint-Pétesbourg et Moscou".

Il nous met en garde sur les conséquences d'une Europe faible:" C'est parce que les Etats-Unis d'Europe n'existaient pas et l'avaient montré à Gorbatchev que la Russie se tourne, sous Eltsine, vers les Etas-Unis d'Amérique. Cela ne durera pas. L'Amérique finira, aussi par perdre la Russie lorsque les russes plébisciteront Vladimir Poutine, ancien espion soviétique tout en muscle qui leur promet de faire rendre gorge aux voleurs et de ne plus laisser perdre un seul pouce de territoire à la patrie".

"Nous devons nous entendre [avec la Russie]  avec elle. Nous le pourons un jour, moins lointain qu'on pourrait le croire."

Il croit dans le rôle fondamentable que devrait avoir  l'Europe auprès des pays arabes:" Politiquement unis, nous pourrions faire pour eux [les pays arabes] ce que les Etats-Unis avaient fait pour l'Europe grâce au Plan Marshall dont la démocratie et les deux rives de l'Atlantique ont tant profité mais, tout à nos peurs, à notre défaitisme et à notre rejet de l'Union, nous sommes malheureusement pas, impardonnablement pas, à la hauteur de cet en jeu historique".

Et de conclure "C'est pour cela que je suis fédéraliste, par raison et non pas par foi, et que je le suis d'autant plus que la démocratie n'existe pas sans peuple pouvant exercer le pouvoir du peuple"

Un livre réjouissant, ou l'on comprend tout sur un sujet complexe et qui m'a permis de me forger, moi aussi une conviction à la veille des élections européennes!!

Extrait de WIKIPEDIA:

B

Bernard Guetta, né le 28 janvier 1951 à Boulogne-Billancourt, est un journaliste français, spécialiste de géopolitique internationale et Prix Albert-Londres 1981.

Bernard Guetta a été élevé dans une famille de Juifs sépharades. Son père est un restaurateur d'origine juive marocaine 

et sa mère, psychologue, a une galerie d'art tribal. Il est le demi-frère de David Guetta, disc-jockey à renommée mondiale[1].

Avec des parents passés par le trotskisme, l’anticolonialisme et le PSU, il baigne dans un milieu très politisé et ancré dans une gauche anti-molletiste et anti-stalinienne[2].Trotskiste de la Libération aux années 1950, son père est lié à la revue Socialisme ou barbarie dont il abrite des réunions à son domicile. Dès l’âge de 14 ans, Bernard Guetta est donc amené à lire les grands classiques de la littérature anti-stalinienne. Sa conscience politique est alors très précoce. Par exemple, dès l’âge de dix ans, il distribue des tracts contre la guerre d'Algérie. Les conceptions véhiculées par les journalistes du Monde (Bernard Ferron sur les pays de l’Est, Gilbert Mathieu sur l’économie et le social) l’imprègnent alors tellement qu’il en vient à « penser Monde »[3][réf. insuffisante].

À l’âge de 13 ans, il cherche à militer dans un parti mais, déçu par ceux qu’il visite, il atterrit à la Ligue des droits de l'hommeDaniel Mayer l’oriente vers le mensuel Après demain. Chargé de sa distribution auprès des libraires de Paris, il participe ainsi aux réunions du comité de rédaction aux côtés de Françoise Seligmann, Pierre Joxe et de Philippe Bernard. Dans ce milieu mendésiste radical-socialiste où il rencontre des personnalités comme Claude Nicolet ou Pierre Mendès France, il bénéficie d’une formation politique et intellectuelle de haut niveau qui le rattache à la mouvance réformiste de gauche[réf. nécessaire].

Amené à résider à Casablanca, il est élève au lycée Lyautey près de deux ans tout en vivant chez des grands-parents qui, durant la guerre mondiale, avaient accueilli leur cousin Charles Guetta et son ami Jean Daniel pendant plusieurs mois. De retour à Paris, il retrouve ses amis Emmanuel Todd et Jean-Pierre Cerquant[4], fils et beau-frère d’un Olivier Todd qu’il considère comme « une sorte d’oncle[3] » et dont la famille est très liée à la sienne.