imagesCA96LQC9Quand je lis Annie ERNAUX, et j'ai lu beaucoup de ses livres ,j'ai l'impression que nous sommes entre copines, tant je me sens proche d'elle. Il est vrai que nous sommes des contemporaines, même si nos origines sociales ne se ressemblent pas.

L'hyper marché est arrivé dans ma vie à la même époque et je l'ai beaucoup fréquenté dans les années 80-90. Je l'ai éprouvé comme l'auteure "comme  un grand rendez-vous humain, comme un spectacle ... mais aussi comme une terrible contrainte dont je me serai bien passée! Avec internet et la livraison, les courses peuvent-elles devenir plus ludiques?? 

Dans ce livre, dit l'auteure" pas d'enquête ni d'exploration systématique donc, mais un journal, forme qui correspond plus à mon tempérament, porté par la capture impressionniste des choses et des gens, des atmosphères. Un relevé libre d'observations, de sensations, pour tenter de saisir quelquechose de la vie qui se déroule là".

Et elle est pointue et tellement juste dans ses observations Annie Ernaux: "on peut dans cet endroit, se sentir désorienté, mal à l'aise, mais jamais "dégradé"". Ou bien :"je constate qu'une nouvelle forme de voile est apparue, ornée de perles, cachant les cheveux tout en dégageant le cou et la nuque. Elle me rappelle certaines anciennes coiffes  de provinces françaises sur les images qu'on recevait en classe".

Un bon petit livre qui nous fait découvrir que notre vécu dans ces lieux est largement partagé par nos semblables 

Voilà ce qu'en dit la revue TELERAMA

Récit

« Nous choisissons nos objets et nos lieux de mémoire ou plutôt l'air du temps décide de ce dont il vaut la peine qu'on se souvienne »,note Annie Ernaux en préambule de ce journal qu'elle a tenu, une année durant, de ses visites à l'hypermarché Auchan de Cergy– la banlieue de Paris où elle vit. L'hypermarché comme lieu de mémoire ? Oui, parce que les grandes surfaces « font partie du paysage d'enfance de tous ceux qui ont moins de 50 ans ». L'hypermarché, aussi, comme « grand rendez-vous humain » des sociétés contemporaines, comme temple de la consommation mais également comme « spectacle », hautement trivial et pour cela propice à la « capture impressionniste des choses et des gens, des atmosphères ».

Cinquième titre de la collection « Raconter la vie », créée au Seuil en janvier par Pierre Rosanvallon, Regarde les lumières mon amour est donc un cahier d'observations, un relevé empathique et politique. Fondue dans la foule des clients, Annie Ernaux regarde autour d'elle et enregistre les détails du décor, les visages. Elle scrute les attitudes, attentive à l'individu tel qu'il se comporte, s'intègre, se débat ou tente de s'évader (en pensée) de cet étrange biotope, non exempt de violence. Elle analyse les motifs qui l'amènent, elle-même, à s'y immerger, à y faire parfois l'expérience du bonheur, parfois celle de la torpeur. Elle médite sur le geste consommateur, la société d'abondance – ses trompe-l'œil, ses impasses.

Le 29/03/2014 - Mise à jour le 25/03/2014 à 12h50
Nathalie Crom - Telerama n° 3350

images

Annie Ernaux, née Annie Duchesne[1] le 1er septembre 1940 à Lillebonne (Seine-Maritime), est une écrivaine française, professeur de lettres. Son œuvre littéraire, pour l'essentiel autobiographique, entretient des liens étroits avec la sociologie.

Biographie WIKIPEDIA Annie Ernaux passe son enfance et sa jeunesse à Yvetot, en Normandie. Née dans un milieu social modeste, de parents d’abord ouvriers, puis petits commerçants qui possédaient un café épicerie, Annie Ernaux fait ses études à l’université de Rouen puis de Bordeaux. Elle devient successivement professeure certifiée, puis agrégée de lettres modernes. Au début des années 1970, elle enseigne au collège d’Évire à Annecy puis à Pontoise avant d'intégrer le Centre national d'enseignement à distance (CNED)[2].

Elle fait son entrée en littérature en 1974 avec Les Armoires vides, un roman autobiographique. En 1984, elle obtient le prix Renaudot pour un de ses ouvrages à caractère autobiographique, La Place.Les Années, vaste fresque qui court de l'après-guerre à nos jours, publiée en 2008, est récompensée en 2008 et 2009 par plusieurs prix.

Cette même année 2008, elle reçoit le Prix de la langue française pour l'ensemble de son œuvre[3].

En 2011, Annie Ernaux publie L'Autre fille, une lettre adressée à sa sœur, décédée avant sa naissance[4], ainsi que L'Atelier noir, qui rassemble différents carnets d'écriture constitués de notes, de plans et de réflexions liées à la rédaction de ses ouvrages. La même année, une anthologie intitulée Écrire la vie paraît dans la collection « Quarto ». Elle rassemble la plupart de ses écrits autobiographiques et propose un cahier d'une centaine de pages, composé de photos et d'extraits de son journal intime inédit.