imagesImpossible de lâcher ce livre pour prendre des notes, tant j'étais captivée par ce récit autobiographique,  cette saga familiale.

Sauf celles-ci " je mangeais la viande, buvais le vin et goûtais le rituel du repas en me disant que les familles étaient comme les pays, avec des régimes et des hiérarchies, et qu'il existait des sentiments que les gens devaient être obligés d'avoir"

et celle là: " Devenir lentement adulte consistait à vivre en gardant des secrets jusqu'à ce qu'on ait son propre chez soi, qu'on puisse fermer la porte et tout dire à voix haute, qu'il y ait quelqu'un ou non qui daigne écouter".

"Arsenic" pour un roman familial, ça pique l'intérêt!

Et j'ai découvert cette auteure norvégienne pourtant si connue et qui mérite de l'être.

Une lecture que je vous recommande chaudement si vous aimé le genre.

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Biographie WIKIPEDIA:

Anne Birkefeldt Ragde (née le 3 décembre 1957 à Odda) est un écrivain norvégien auteur de plus de 40 ouvrages — livres pour enfants et romans.

Anne Birkefeldt Ragde a tout d'abord été professeur de communication à l'université de Trondheim. Ses débuts en littérature datent de 1986 avec un livre pour enfants intitulé Hallo! Her er Jo (Bonjour, voici Jo !). Depuis lors, elle a écrit plusieurs livres pour enfants et adolescents, et parmi ceux-ci une biographie de Sigrid Undset, pour laquelle elle a reçu le Prix Brage.

Son premier roman destiné aux adultes, En tiger for en engel (Un tigre pour un ange), a été publié en 1990. Elle a écrit plusieurs romans, des thrillers et des recueils de nouvelles. Son roman La Terre des mensonges a reçu un accueil très chaleureux des lecteurs et des critiques, en Norvège comme en France ; le livre a par ailleurs été traduit en plus de 20 langues[1]. Ce roman a été recensé avec chaleur par le Financial Times le 28 avril 2008. Avec La Ferme des Neshov (prix des libraires de Norvège en 2005[2]) et L'Héritage impossible, cette trilogie a rencontré un vif succès et a fait l'objet d'une adaptation télévisuelle, suivie par plus d'un million de téléspectateurs norvégiens.

Critique Par Christine Ferniot (Lire), publié le 16/11/2011 à 08:00

Anne B. Ragde remonte l'histoire familiale et décrit entre âpreté et douceur des relations violentes. 

La tour d'arsenic,le nouveau livre de la romancière norvégienne Anne B. Ragde, s'ouvre sur un énorme rire : théâtral, éclatant et monstrueux. En apprenant la mort de sa mère, Ruby ressent une joie immense, un bonheur tabou qui trouvera son explication au fil de l'histoire. Ce texte magnifique, d'une violence infinie, décrit trois générations de femmes, leurs souffrances, leurs silences: Thérèse, la petite-fille, Ruby, la mère, et enfin Malie, la grand-mère. Anne B. Ragde remonte le temps comme on creuse une tombe, un puits sans fond. Pour expliquer cette danse autour d'un cadavre encore chaud, elle commence par décrire la complicité de la petite-fille avec sa grand-mère qui vient de disparaître. Puis, elle entre dans l'univers de Ruby, la mal-aimée, l'abandonnée, avant d'évoquer Malie, son égoïsme brutal mais aussi sa passion pour le théâtre et sa vie brisée. Roman autobiographique, La tour d'arsenic est donc l'histoire de la famille d'Anne: "Celle de ma propre mère, explique l'auteur, et ce fut douloureux pour elle de lire le manuscrit. Mais ce fut difficile pour moi aussi d'entrer dans sa douleur, de la considérer comme un personnage, une étrangère." On retrouve dans ce beau texte son aptitude à construire minutieusement chacun des héros, à leur donner une voix particulière, une gestuelle, un destin: "Quand je commence à écrire, je deviens le personnage. Je dois croire en lui, en ma propre illusion et, peu à peu, la fiction devient plus réelle que tout ce que je vois autour de moi", précise la romancière.

A ce jour, Anne B. Ragde a publié 46 livres, pour enfants et adultes, mais les lecteurs français la connaissent surtout depuis La trilogie des Neshov - La terre des mensonges, La ferme des Neshov et L'héritage impossible-, vendue à plus de 80 000 exemplaires en France. Cette incroyable saga est également une fiction familiale où trois frères se retrouvent après la mort de leur mère. Tout sépare ces hommes qui ont fait leur vie ailleurs et autrement. Peu à peu, l'auteur rassemble le passé et le présent, renouant les liens, ravivant les douleurs, dévoilant les secrets, refusant les silences. Aux côtés de ces frères, les femmes montrent leur force psychologique, leur sens du défi. "C'est vrai que j'écris souvent sur des femmes fortes psychologiquement, mais j'explique surtout pourquoi et comment elles le sont devenues. Je dois préciser que les femmes norvégiennes sont très indépendantes. Pour nous, un homme doit enrichir notre vie, pas simplement être là à nos côtés. Il nous faut une bonne raison pour rester mariées. Une femme célibataire ne déclenche pas la pitié chez nous. Au contraire, car nous savourons notre liberté", s'amuse Anne Ragde, mariée trois fois et "heureusement divorcée" comme elle le souligne avec humour.

L'année dernière, elle montrait une autre facette de son talent avec Zona frigida, fiction plus humoristique qui se déroulait lors d'une croisière en Arctique. Dans cette région où le froid est sans limite, Bea, trentenaire et aventurière, venait perturber la vie paisible de couples plus âgés. Anne Ragde jouait avec des codes polar pour une histoire de vengeance qui, on s'en doute ici, est un plat qui se mange froid.

 

Embrasser la douleur mais avec une dose d'humour et un goût de l'inattendu Il y a chez cette romancière qui aligne les best-sellers dans tous les pays du monde une sincérité presque déroutante, un humour de survivante, une attention au monde qui ne se lasse jamais, et qui s'est ravivée encore au moment de la tragédie d'Oslo: "Nous avons vécu cela comme un éveil, aussi horrible que beau. Horrible, car nous avons compris que nous étions vulnérables, et beau, parce que cela nous a rapprochés, à titre individuel et national. Chaque fois que nous en discutons, nous pouvons pleurer, même avec des étrangers. C'est une souffrance et une douleur que nous partageons tous. Les jeunes qui ont été tués sont pleurés par chacun d'entre nous, comme s'ils étaient des nôtres."

Embrasser la douleur, l'exprimer par les mots et les textes, c'est l'obsession de cette romancière de 53 ans qui vit à Trondheim, au centre de la Norvège. Il faut y ajouter une bonne dose d'humour, un goût de l'inattendu, une rigueur très scandinave pour le travail bien fait et le cocktail est équilibré: alcool fort et glace pilée


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