cvt_Harraga_2184 Vous vous attacherez au personnage de Lamia, une drôle de fille célibataire et psychiatre, qui vit dans le quartier de Rampe Vallée dans l'Algérie contemporaine que vous fera découvrir ce roman attachant de Boualem SANSAL que j'ai découvert comme auteur et que j'ai envie de rencontrer au travers de ses autres romans

Belle découverte garantie!

HARRAGAde Boualem SansalBoniface Mongo-Mboussa

Boualem Sansal a fait une entrée fracassante en littérature avec son premier roman Le Serment des barbares (1999) - une charge virulente contre l'Algérie des Islamistes et du F.L.N. Depuis, il a publié L'arbre fou (2000) et Dis-moi le Paradis (2003). Mais c'est réellement avec Harraga, cette description d'une femme confrontée à l'errance des jeunes Algériens qui rêvent de l'Occident, qu'il retrouve le souffle du Serment des Barbares, enquête d'un vieux policier sur les disparitions en plein attentats islamistes.

Lamia, 35 ans, psychiatre est une vielle fille habitant seule dans une vielle maison familiale. Chaque jour, elle rumine ses souvenirs : celui des parents tous deux décédés, celui de Yacine son frère bien-aimé mort dans un accident de voiture, celui de Louiza, petite sœur adorée tuée par un islamiste fanatique. Le seul frère vivant, Sofiane, vient de disparaître. Il est devenu unHarraga, littéralement " un brûleur de route ". Il séjourne à Oran en attendant son départ pour l'Espagne, via le Maroc. Un beau matin, sa petite amie, Chérifa, sonne à la porte de Lamia. Elle l'accueille. Au fil des jours, Lamia découvre que Chérifa attend un enfant de Sofiane. Mais la cohabitation s'avère difficile entre les deux femmes. Lamia est une lettrée à cheval sur les principes et Sofiane une midinette de la génération Star Academy. Commence alors entre les deux femmes une relation en dents de scie, ponctuée de fugues et de retours.

Par-delà la tragédie de Chérifa, c'est toute l'errance de la jeunesse algérienne livrée à elle-même que Boualem Sansal met en scène. Mais par-delà encore le sacrifice d'une jeunesse, c'est toute la misogynie d'une société phallocratique régie par un islamisme fanatique que dénonce le romancier. D'où cette verve langagière tantôt ironique tantôt lyrique, avec des clins d'œil à 

Kateb Yacine, Camus, Boudjedra et Mimouni. Une manière pour l'écrivain algérien de se situer dans une généalogie prestigieuse et irrévérencieuse.

Harraga, de Boualem Sansal, Gallimard, 272 p., 16 €

http://www.africultures.com/ Le 05 janvier 2006 

Biographie WIKIPEDIA]

Boualem Sansal né en 1949 à Theniet El Had, petit village des monts de l'Ouarsenis, est un écrivain algérien, principalement romancier mais aussi essayiste, censuré dans son pays d'origine à cause de sa position très critique1 envers le pouvoir en place. Il habite néanmoins toujours en Algérie, considérant que son pays a besoin des artistes pour ouvrir la voie à la paix et à la démocratie. Il est en revanche très reconnu en France et en Allemagne, pays dans lesquels ses romans se vendent particulièrement bien, et où il a reçu de nombreux prix:

prix Tropiques
prix Michel-Dard
grand prix RTL-Lire
grand prix de la francophonie
prix Nessim-Habif
prix Louis-Guilloux
prix Édouard-Glissant
prix de la paix des libraires allemands
prix du Roman arabe
chevalier des Arts et des Lettres (2012)

 

Auteur Langue d'écriture français

Œuvres principales Le Serment des barbares, Poste restante : Alger, lettre de colère et d'espoir à mes compatriotes, L'Enfant fou de l'arbre creux, Dis-moi le paradis, Harraga, Le Village de l'Allemand ou le Journal des frères Schiller', Rue Darwin 

Boualem Sansal a une formation d'ingénieur (École nationale polytechnique d'Alger) et un doctorat d'économie.

Il a été enseignant, consultant, chef d'entreprise et haut fonctionnaireau ministère de l'Industrie algérien. Il est limogé en 2003 pour ses prises de position critiques contre le pouvoir en place particulièrement contre l'arabisation de l'enseignement2.

Son ami Rachid Mimouni (1945-1995) l'encourage à écrire. Boualem Sansal, bien que grand lecteur, ne se vouait pas à l'écriture. Il commence pourtant à écrire en 1997, alors que la guerre civile bat son plein. Il cherche à entrer dans l'esprit de ses compatriotes, pour tenter de comprendre puis d'expliquer ce qui a mené à l'impasse politique, sociale et économique de son pays, et à la montée de l'islamisme3.

En 1999 il publie son premier roman, "Le Serment des barbares", qui reçoit le prix du premier roman et le prix Tropiques. Son livre Poste restante, Alger, une lettre ouverte à ses compatriotes, est resté censuré dans son pays. Après la sortie de ce pamphlet, il est menacé et insulté2, mais il décide de rester en Algérie. Un autre de ses ouvrages, Petit éloge de la mémoire, est un récit épique de l'aventure berbère.

Son troisième roman, Dis-moi le paradis, publié en France en 2003, est une description de l'Algérie post-colonisation, à travers les portraits de personnages que rencontre le personnage principal, Tarik, lors de son voyage à travers ce pays. Le ton est très critique envers le pouvoir algérien, se moquant de Boumediene, critiquant ouvertement la corruption à tous les niveaux de l'industrie et de la politique, l'incapacité à gérer le chaos qui a suivi l'indépendance, et attaquant parfois violemment les islamistes. Ce livre est l'une des raisons qui ont conduit le pouvoir à limoger l'auteur de son poste de haut fonctionnaire au ministère de l'Industrie algérien.

En 2005, s'inspirant de son histoire personnelle, il écrit Harraga, qui signifie « brûleur de route », surnom que l'on donne à ceux qui partent d'Algérie, souvent en radeau dans des conditions dramatiques, pour tenter de passer en Espagne. Pour la première fois, les personnages principaux sont deux femmes : Lamia, médecin pédiatre qui vit dans la misère à Alger, et Cherifa qu'elle recueille alors que cette dernière est enceinte de cinq mois. (Cherifa est arrivée chez Lamia sur le conseil du frère de celle-ci, Sofiane, qui est en route pour entrer en Espagne clandestinement.) Encore une fois, le ton est très critique envers le pouvoir algérien : l'argent du pétrole coule à flots, mais, l'argent étant accaparé par une minorité de dirigeants, le peuple est dans la misère et les jeunes vont tenter leur chance ailleurs, pendant que ceux qui ne peuvent pas partir restent dans la misère et la peur.

Boualem Sansal est lauréat du grand prix RTL-Lire 2008 pour son roman Le Village de l'Allemand sorti en janvier 2008, roman qui est censuré en Algérie, car il fait le parallèle entre islamisme et nazisme. Le livre raconte l'histoire du SS Hans Schiller, qui fuit en Égypte après la défaite allemande, et se retrouve ensuite à aider l'armée de libération algérienne, pour finalement devenir un héros de guerre et se retirer dans un petit village perdu. Le livre s'inspire d'un destin réel, découvert par la presse dans les années 1980.

En 2007, il reçoit le prix Édouard-Glissant, destiné à honorer une œuvre artistique marquante de notre temps selon les valeurs poétiques et politiques du philosophe et écrivain Édouard Glissant : ce prix récompense les œuvres développant une réflexion sur le métissage et toutes les formes d'émancipation, celle des imaginaires, des langues et des cultures.

Le 9 juin 2011, il remporte le prix de la paix des libraires allemands, pour la manière dont il « critique ouvertement la situation politique et sociale de son pays »4. En mars 2008, il choisit de se rendre au Salon du livre de Paris, malgré la polémique soulevée dans le monde arabe quant au choix d'Israël comme invité d'honneur et l'appel au boycott venant des pays arabes et de certains intellectuels5. Il s'en explique par la formule : « Je fais de la littérature, pas la guerre », et en ajoutant : « La littérature n'est pas juive arabe ou américaine, elle raconte des histoires qui s'adressent à tout le monde. »5 Ce choix aggrave sa situation en Algérie.

En 2011, il publie un nouveau roman, Rue Darwin, l'histoire d'une famille prise dans la guerre d'Algérie. C'est un livre très personnel, écrit trois mois après la mort de sa mère6. Le personnage de Yaz ressemble beaucoup à Boualem Sansal ; par ailleurs, la rue Darwin est une rue où l'auteur a vécu dans son enfance, à cent mètres de la maison d'Albert Camus6.

Boualem Sansal est également connu pour ses propos critiques envers toute forme de religion, et l'islam en particulier : « La religion me paraît très dangereuse par son côté brutal, totalitaire. L'islam est devenu une loi terrifiante, qui n'édicte que des interdits, bannit le doute, et dont les zélateurs sont de plus en plus violents. Il faudrait qu'il retrouve sa spiritualité, sa force première. Il faut libérer, décoloniser, socialiser l'islam6. »

En février 2012 il fait partie du jury de la Berlinale 2012, sous la présidence de Mike Leigh et au côté de Anton Corbijn,Asghar Farhadi, Charlotte Gainsbourg, Jake Gyllenhaal, François Ozon et Barbara Sukowa.

En mai 2012, il participe à la troisième édition du Festival international des écrivains à Jérusalem, suscitant de nombreuses critiques dans le monde arabe7,8. Il fait un récit plein d'humour de son voyage9.

En juin 2012, il reçoit le prix du Roman arabe pour son livre Rue Darwin, avec l'opposition des ambassadeurs arabes qui financent le prix10,11. Le 13 juin 2013 l'Académie française lui décerne le grand prix de la Francophonie, doté de20 000 euros. Ce prix est « destiné à "couronner l'œuvre d'une personne physique francophone qui, dans son pays ou à l'échelle internationale, aura contribué de façon éminente au maintien et à l'illustration de la langue française" ».

Il habite près d'Alger, dans la ville de Boumerdè