9782020312448Courts paragraphes :"une soirée à l'opéra", "bonté ferroviaire", "welcome to Sibéria"... etc...L'auteur nous livre son regard sur la Russie ou il voyage sans guide  (livre) touristique, et seul dans les années 1980. C'est un carnet de voyage, réjouissant, instructif, plein d'humour. Ce livre se déguste avec un rien de nostalgie (pour les baby-boomer).

"il est clair que les gens qui construisaient cela croyaient encore à quelquechose, à quoi, je ne sais pas, à la Russie, à la souffrance, à l'avenir radieux, enfin à quelquechose".

Pas de description interminable, de considérations fastidieuses de géographie, d'économie ou de politique. Mais des instants fugaces, des rencontres brèves et intenses, toujours chargées d'humanité. Olivier Rolin a un regard accéré sur les détails chargés de sens ou s'expriment la réalité quotidienne russe.

Un bon petit livre qui m'a enchanté.

 

Une critique de Iréne COMMEAU-RUFIN sur le site www.persee.fr:

En Russie, quai Voltaire, Paris 1987.

Le récit de voyage est un genre qui se fait rare, qui pourrait sembler démodé, s'il n'était irremplaçable. Plus agréable à lire qu'un traité de sciences politiques, aussi vivant qu'un reportage et mieux écrit pour ne pas dire mieux vécu, ce texte se trouve à mi-chemin entre le journal de bord et, de temps à autre, le poème en prose, pourait s'intituler pour paraphraser Michaux :" un barbare en Rusie" .Sillonnant, en solitaire, c'est-à-dire régulièrement pris en charge par des guides-interprètes de l'Intourist mais plus mêlé à la population soviétique que les membres des diverses délégations dont font partie généralement les Occidentaux, Olivier Rolin a vu Leningrad, Moscou, les bords de la mer Noire et -hommage à Michel Strogoff et Blaise Cendras réunis- pris le transsibérien jusqu'à Irkoutsk.Parlant sans doute un peu le russe, notre voyageur-poète a écouté les confidences dont certains Russes ne sont pas avares, de celles que l'on recueille dans les trains parce que la fortuité de la rencontre tend à abolir les barrières "je suis habituée à croire à rien" dit Vania de Leningrad dont "la tristesse ironique, l'apparence de dureté désenchantée rappelle Evguéni de Sotchli" et plus loin, Olivier Rolin de noter : "je songe que si il y a beaucoup de jeunes aussi gravement lucides, l'avenir de ce pays est imprévisible".

Les observations sur la diversité apparente des types hmains, emprunt pour la plupart d'un mélange de gravité et de générosité surprenante, constituent sans doute le principal apport de ce court ouvrage. Gorgatchev, les accords sur le désarmement, la "glasnost", la "perestroïka", le cosmos ne sont cités que par référence au vécu des personnes dont la vie est plus dure mais aussi plus simple que nous le pensons souvent. Et, en nous disant l'affolement des buffets de gare, l'atmosphère peu accueillante des hôtels, le sourire d'une inconnue qui paraissant bougonne au premier abord, Olivier Rolin sait prendre le pouls du pays ; il nous transmet la connaissance comme par osmose.

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Biographie de Wikipédia:

 

Olivier Rolin passe son enfance au Sénégal, puis il étudie au lycée Louis-le-Grand et à l'École normale supérieure. Il est diplômé en philosophie et en lettres. Membre dirigeant de l'organisation maoïste Gauche prolétarienne[1], il est engagé dans la « branche militaire » de la Nouvelle résistance populaire[2] (NRP)[3]. La Gauche prolétarienne refuse pourtant le passage à l'acte qu'aurait constitué une action violente. Le mouvement NRP, créé pour être le bras armé possible d'une lutte révolutionnaire, est resté pacifique jusqu'à l'effondrement de la GP en 1975[4].

Par ailleurs, il collabore, en tant que pigiste, aux journaux Libération et Le Nouvel Observateur. Il a été le compagnon de la chanteuse Jane Birkin. Il est le frère de l'écrivain Jean Rolin, qui fut aussi membre de la gauche prolétarienne.

Son œuvre est inspirée par Mai 68 et la Gauche prolétarienne, les aventures romanesques en Arabie, Rimbaud et Conrad ainsi que ses voyages.

Il a obtenu le prix Femina pour Port-Soudan en 1994 et le Prix France Culture pour Tigre en papier en 2003.

Il a collaboré épisodiquement à la revue Le Meilleur des mondes dont certaines prises de position néo-conservatrices l'ont conduit assez vite à s'éloigner, après avoir toutefois soutenu l'idée de l'invasion américaine de l'Irak au printemps 2003.[réf. nécessaire]